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28.11.2007
Encres
Vacarme assourdissant de vieilles tempêtes, ressassées,
resucées du toujours pareil. Fatigant.
Un choux dans chaque trou, bloquer l’hémorragie. Mais rien n’y fait.
Se balancent parfois d’un pied sur l’autre en rotation.
Têtes dressées, yeux, bras, tendus vers le haut plafond bleu.
Les jours de grand vent d’eau, ils spiralent et décollent.
Des gorges dilatées fuse un rire confus. Billes de sons pointus
retombées en cascade sur les ventres tambour.
Mélodie aigre de ces rires qui cisaillent le vide pour ne rien remplir.
Roulés en boule dans les creux de rochers ou de sable.
Longs bras matelas de chair autour de la tige d’os,
tête posée sur la poche ventre, ils se désancrent, laissent flotter.
Filent en nappe laiteuse vers le vent d'âme nuit.
Soufflés, iodés, souffrés, ils arpentent inquiets le monde de l’humide.
Plaqués au relief. Sans distance, le regard dans la matière.
Se fondent petits, ténus, longs, fins, fils, présents en interstice,
emplissant tous les blancs.
Ils avancent sans but, ne cherchant rien ni à.
Juste éviter les blocs. Les gros cubes serrés. Impénétrés.
Grandes masses, pleines de dense.
Poids, peur, lourd, plein, tombe, écrase et plus rien.
Parfois au fond d’un pli, les doigts s’emmêlent,
fête de chair blanche, fête liquide, douce, mouillée.
Loin du silence épais, fête de sons de peaux.
Flotter-frotter en fruition de désirs qui se trouvent. Immédiats, simples. Instant.
Eclat de présence touchée coulée pour ce qu’elle est.
Le vide se remplit de tous les bleus. Couleurs, coulures de la mer du doux.
Les ventres tambour résonnent.
Soufflés, reposés, vidés de bruits. Tout ouvert de possible.
Ils touchent au temps de l’invincible. A peine effleuré. Mais ça suffit bien.
Fenêtre entrouverte sur la lumière blanche, intense.
Rétine aveuglée, iris imprimé. Ils ont vu.
Arrière clos. Plus pareil. Condamner de l’avant.
Toujours marcher, couler, se fondre,
fuir de tous ses trous pour mieux se répandre,
sans reprendre, et ne pas se fuir.
A contre courant, remontent la mémoire liquide.
Se coulent entre les draps gris du fleuve.
Tournent et vrillent dessus dessous.
En chapelet ossus vert blanc.
Longues chaînes de corps vent à fleur d’eau.
Spiralent à l'horizontale. Font la planche en tête-à-queue bleue,
le regard flottant en masse nuenageuse.
Nuques immergées, posent leur voir sur ce cumulus qui traîne,
appuient un peu le regard, s’enfoncent en volupté.
Tirer le bleu là-haut plus près vers soi
pour tenter, bras tendus, d’amoindrir la distance.
Se rapprocher sans parapluie. Tout barbouillés de bruine presque née.
Etendus détendus sur le papier mouillé miroir.
Sur l’écorce des corps, courent les plis du vent.
Moirure écho du ciel dans l’eau. Haut bas fondus confondus.
Peau planisphère zébrée de vitesse.
Faces offertes aux filets blancs nuées laiteuses,
ils cherchent des amarres en nébuleuses.
A contre courant, le vent allié les aide en résistance. A remonter.
En devenir saumon ou truite mais sans dessein.
Juste la résistance de corps volume cernés de billes lumière,
chatouillent au bord des lobes.
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