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12.12.2007

... Blanc

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...Je me concentre sur cet autre dos qui devient mien par intermittences. Au rythme des respirations, insensiblement, la peau frontière perd le contact puis le retrouve, une zone d’échange fragile et mouvante se cherche, s’ouvre, se perd. Un volume frontalier éphémère palpite. La respiration se modifie, s’adapte, éponge un nouveau rythme hybride. Fruit de la rencontre.
Curieux de sentir battre le vivant sous peau ailleurs autrement. Les organes toquent dans les cages charnelles. Les miens en résonance plus fort plus vite. J’ai peur de ne plus pouvoir oublier ce battement métronomique. Condamnée à l’écoute obsédante de la machinerie. Les corps restent là en transe respirante si longuement qu’une confusion s’installe parfois entre les peaux. Qui ressent quoi ? Qui initie ce ressac du souffle ? La rencontre encore verte force la concentration. Les omoplates gonflent leur voilure, en doux heurts, leurs ailes s’entreroulent. Ça babille délicat en murmures de clavicules. Il fait doux respirer l’autre sans frein. Le monde se cueille entre deux peaux tendues de désir frais. Les arêtes s’effritent en poussière lumière qui cernent d’étonnement le regard. Le temps pèse léger. Les pupilles liquides distinguent sous le blanc d’opale des lavis de printemps. Le temps coule tendre. S’étire jusqu’à l’oubli.
Bientôt pourtant un froid en vrille blanche sillonne la colonne amollie et confiante. Les vertèbres claquent, s’éveillent au froid, sortent de la douceur torpeur. Le radar peau cherche, lance ses capteurs alentours. Rentrée bredouille, langue bafouille. Rien. Un vide lent en trou d’absence. Le dos cherche à s’appuyer sans résistance, penche, et encore. Finirait par tomber. Mais d’évidence, l’autre a fondu dans l’opacité blanche. J’en viens à douter de son existence. J’en viens à douter de mon existence. Z

Commentaires

"J’en viens à douter de son existence. J’en viens à douter de mon existence."

Logique .

Ecrit par : . | 15.12.2007

" Le temps coule tendre. "
... C'est ce qu'il y a dire de votre écriture. Le temps y coule tendre, murmuré, sensuel.
Un très beau texte.

Ecrit par : S. | 21.12.2007

Noël blanc.

Ecrit par : michel, à franquevaux. | 24.12.2007

Une belle année nouvelle à toi, Z.

Ecrit par : Bona | 27.12.2007

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